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Intervention d’Iles de Paix en Equateur

Le
projet s’inscrit dans le programme global qu’Iles de paix soutient en Equateur
depuis 1995. L’évolution de ce programme peut de manière synthétique être
découpée en quatre phases :
-
1995-2000 :
Phase de mise en place progressive des programmes d’intervention dans la
paroisse de Pangor (province de Chimborazo). Les partenariats ont d’abord été
noués avec 3 communautés en 1995 pour ensuite progressivement s’étendre à
l’ensemble de la paroisse (32 communautés au total). Sur base des priorités
identifiées avec les communautés, les appuis IdP se sont d’abord concentrés sur
les programmes de formation de techniciens paysans (tecnicos campesinos), de
développement pastoral et de crédit ; ils se sont ensuite étendus au programme
de développement agricole, à la gestion des ressources naturelles et à la
dynamisation des initiatives socio-économiques et socioculturelles.
-
2000-2003 :
Phase d’essaimage et de diversification des programmes vers 7 nouvelles zones.
En 2000, une première vague d’essaimage a été réalisée auprès de 4 nouvelles
zones d’intervention (environ 60 communautés). Les techniciens paysans formés et
actifs de Pangor ont participé activement à la mise en œuvre des programmes dans
ces zones. Ils sont devenus les formateurs des nouveaux techniciens locaux. En
2003, une seconde vague d’essaimage a concerné 3 nouvelles zones (35
communautés). Durant cette période, les types de partenariats se sont
diversifiés du point de vue des d’autres acteurs locaux
ou des modalités de collaborations (appuis individuels ou de certains
groupements, collaborations ponctuelles, stimulations de dynamiques inter
zonales,…).
- 2003-2005 :
Désengagement progressif de la zone de Pangor et consolidation des actions dans
les autres zones. A Pangor, les techniciens paysans qui avaient assuré le suivi
des formations et des programmes agropastoraux dans les zones d’essaimage se
recentrent sur les dynamiques de leur communauté et de leur paroisse. Ils
coordonnent leur action avec les dirigeants communautaires et l’organisation
paysanne locale (la COCP). La zone doit cependant faire face à des difficultés
socio-organisationnelles et des luttes de pouvoir entre les différentes
tendances en présence. Dans les autres zones d’intervention, les différents
programmes d’appui (renforcement des capacités, développement agropastoral,
appui aux dynamiques socioéconomiques et socioculturelles) sont consolidés et
diffusés au sein des communautés. Par ailleurs, des appuis ponctuels sont
développés dans deux nouvelles zones qui pourraient éventuellement devenir de
nouvelles zones d’intervention dans le futur.
- 2005-2006 :
Désengagement progressif de 5 zones et recentrage géographique sur 3 zones (Pallatanga,
Chillanes et Molleturo) afin de pouvoir intensifier notre présence de terrain et
éviter tout saupoudrage. Ces 3 zones présentent des conditions relativement
similaires et favorables à l’intervention d’Iles de Paix : localisation sur le
versant occidental de la cordillère (vers la côte), grande diversité de
conditions productives en fonction des altitudes (entre 300 et 3.200 mètres à Molleturo, entre 1.000 et 3.000 mètres à Pallatanga et Chillanes), climat
favorable, accès plus ou moins faciles aux marchés locaux et régionaux,
population principalement métissée et entreprenante (associations de
producteurs), ressources économiques en provenance de la migration,
collaborations avec les autorités municipales, possibilité d’étendre les
accompagnements IdP à tout le territoire paroissial ou cantonal,… Identification
de pôles privilégiés d’intervention dans ces 3 zones sur base de critères de
vulnérabilité, actualisation et approfondissement de la stratégie d’intervention
et définition d’axes prioritaires pour chacune des zones. Réorganisation de
l’équipe d’Islas de Paz
afin de répondre à cette évolution, constitution d’équipes par zone.
Intervention d’Iles de Paix dans la paroisse de Chillanes
Les premiers contacts avec les communautés
et autorités de la paroisse de Chillanes se sont développés en 2000, à
l’occasion du projet de réhabilitation du chemin reliant les cantons de Colta
(paroisse de Pangor), Pallatanga et Chillanes. Au-delà de ce projet, les
contacts se sont poursuivis et de nouvelles actions ont émergé. En 2003,
Chillanes devient une zone d’intervention à part entière.
Au fil des ans, les actions qui se sont
développés dans la paroisse ont notamment permis d’atteindre les effets suivants
:
-
Dans le domaine de la gestion des ressources
naturelles et des activités productives :
·
renforcement des filières mûres (production et
commercialisation, 50 producteurs) et café (commercialisation) ;
·
renforcement des productions agricoles au travers
de l’amélioration des techniques (formation de 22 techniciens paysans), de la
diversification des productions agricoles, du développement de la
fertilisation,… ;
·
renforcement des productions pastorales au travers
de l’amélioration des techniques, du renforcement génétique des troupeaux, ainsi
que de l’amélioration des infrastructures d’élevage, de l’alimentation des
animaux et du suivi vétérinaire ;
·
renforcement de la conservation et restauration
des sols (actions développées sur plus de 251 parcelles individuelles et 30 ha
de culture), protection de sources ;
·
amélioration de l’information des producteurs sur
les conditions de production au travers de l’installation d’une station météo ;
-
Dans le domaine sociocommunautaire :
·
Renforcement de l’éducation des enfants au travers
de la formation de 22 enseignants en psychomotricité, de l’appui à l’élaboration
de nouveau matériel didactique et de la formation de 50 enseignants aux règles
qui régissent les droits de l’enfance.
·
Amélioration de l’encadrement des personnes
handicapées ;
·
Désenclavement de la paroisse, au travers de la
réhabilitation de la voie inter cantonale Colta-Pallatanga-Chillanes et de
l’ouverture du chemin d’accès vers la communauté d’Atiacuhua (3,5km) ;
·
Renforcement organisationnel de plusieurs
organisations locales.
Intervention d’Iles de Paix dans le canton de Pallatanga
Les premiers contacts avec les populations
de Pallatanga remontent à 1999, mais ne concernaient qu’un petit nombre de
communautés et des projets ponctuels. C’est à partir de 2003 que Pallatanga
devient une zone d’intervention à part entière, et les actions qui ont au fil du
temps été développées dans le canton ont notamment permis d’atteindre les effets
suivants :
-
Dans le domaine de la gestion des ressources
naturelles et des activités productives :
·
renforcement des productions agricoles au travers
de l’amélioration des techniques (formation de 19 techniciens paysans, formation
des élèves du collège technique de Pallantanga), de la diversification des
productions agricoles, de l’amélioration des semences, du développement de la
fertilisation,… ;
·
renforcement des productions pastorales au travers
de l’amélioration des techniques, du renforcement génétique des troupeaux, de
l’amélioration de l’alimentation des animaux et des soins vétérinaires ;
·
renforcement de la conservation et restauration
des sols (actions développées sur plus de 160 parcelles individuelles,
reboisements (25ha) ;
·
amélioration de l’information des producteurs sur
les conditions de production au travers de l’installation d’un laboratoire
d’analyse des sols et d’une station météo;
-
Dans le domaine sociocommunautaire :
·
Renforcement de la formation professionnelle des
jeunes filles en couture (appui au centre artisanal de Pallantanga :
équipements, stock de matières premières, gestion) ;
·
Amélioration de l’encadrement des personnes
handicapées ;
·
Renforcement de l’accès aux soins de santé au
travers de la formation de 16 techniciens de santé et de l’appui à
l’installation d’une pharmacie communautaire ;
·
Désenclavement de la paroisse, au travers de la
réhabilitation et de l’ouverture de voies d’accès (16,4km) ;
·
Renforcement organisationnel de plusieurs
organisations locales.
Antécédents du programme d’appui à l’amélioration de la
qualité de l’enseignement primaire à Chillanes et Pallantanga
Iles de Paix s’implique depuis de
nombreuses années, en Equateur, à améliorer la qualité de l’enseignement
primaire. Dans les zones de Pangor, Columbe, Jima et Molleturo, qui ne sont pas
concernées par la proposition, Iles de Paix a contribué à la construction de
latrines et de réfectoires et à la réhabilitation de salles de classes. A
Pallatanga et Chillanes, aucun investissement en infrastructure n’a encore été
réalisé.
Les infrastructures n’est pas le seul
élément déterminant la qualité de l’enseignement. A Chillanes, Iles de Paix a
organisé, à la demande de l’inspection scolaire, la formation de sept
instituteurs-formateurs en psychomotricité qui à leur tour ont formé une
cinquantaine d’instituteurs de la zone (40% du corps professoral).
Enfin, Iles de Paix a participé activement
à la vulgarisation du Codigo de la Ninez (Code des droits de l’enfant), et cela
à l’échelle du pays. En collaboration avec l’Association des Municipalités
Equatoriennes (MAE), un dossier pédagogique expliquant les droits de l’enfant a
été diffusé aux instituteurs. Dans les zones de présence d’Iles de Paix, un
accompagnement spécifique des instituteurs et des comité de parents a été
organisée pour l’exploitation du code.
Actions financées antérieurement par le Ministère des
Affaires Etrangères et implication d’autres bailleurs
Le Ministère des Affaires Etrangères a
soutenu le programme global d’Iles de Paix en Equateur en 2000, 2001, 2003,
2004, 2005 et 2006 au travers des projets suivants :
-
Projet de développement agropastoral et de
conservation des ressources naturelles dans la paroisse de Juan de Velasco –
Pangor (2000 et 2001) ;
-
Projet d’amélioration des infrastructures sociales
et productives de six paroisses de la cordillère centrale (Provinces de
Chimborazo, Bolivar et Azuay – Equateur) (2003) ;
-
Projet d’Amélioration de la gestion et de la
valorisation des ressources hydriques dans huit zones de la cordillère centrale
équatorienne (provinces de Chimborazo, Tungurahua, Bolivar et Azuay) (2004) ;
-
Projet de consolidation des dynamiques sociales et
productives dans quatre zones de la cordillère centrale équatorienne :
Pallatanga, Columbe, Jiama et Molleturo (provinces de Chimborazo et Azuay –
Equateur) (2005) ;
-
Projet d’ouverture de la
voie intercantonale
entre Chugchilan et Pucayacu (province de Cotopaxi, Equateur) (2006).
La contribution du MAE pour les dossiers
précédents est présentée dans le tableau ci-dessous :
Tableau 4 : Contributions du MAE
entre 2000 et 2007
|
Année |
Budget |
Contribution MAE |
|
2000 |
298.077€ |
198.718€ |
66,7% |
|
2001 |
150.611 |
100.407€ |
66,7% |
|
2003 |
179.600 |
119.870€ |
66,7% |
|
2004 |
120.238 |
80.159€ |
66,7% |
|
2005 |
206.344 |
137.563€ |
66,7% |
|
2006 |
85.443€ |
46.165€ |
54% |
|
2007 |
100.161€ |
60.376€ |
60,3% |
|
TOTAL |
1.040.313€ |
682.882 |
|
Plus particulièrement, et de manière non
exhaustive, les activités soutenues par le MAE ont touché l’ensemble des zones
d’intervention IdP en Equateur et ont concerné :
-
le soutien à l’élevage :
renforcement génétique des cheptels, amélioration de la nutrition (pâturages
améliorés), campagne de vaccination animale, développement et amélioration des
infrastructures, etc. ;
-
le soutien aux activités agricoles :
diversification des cultures, développement des productions fruitières,
amélioration et conservation des semences, développement de la fertilisation
organique, amélioration et développement de la gestion de l’eau et de
l’irrigation, etc. ;
-
le soutien aux pratiques de conservation des
ressources naturelles : réalisation d’ouvrages de
conservation, protection des sommets, protection des sources (à Pangor
principalement) ;
-
l’investissement en capital humain :
soutien à l’organisation de formations relatives à l’agriculture, à l’élevage, à
l’irrigation, à l’administration et la gestion, à la santé, etc. ;
-
l’appui aux dynamiques paysannes et à
l’économie rurale : amélioration et développement des
infrastructures collectives (casa campesina, réhabilitation et ouverture
des chemins communaux et régionaux, construction de réseaux de distribution
d’eau potable, construction de sanitaires, etc.), soutien aux initiatives de
diversification des sources de revenus et de transformation des productions
locales (fromageries familiales, apiculture, petits négoces, etc.) ;
-
l’appui à la construction et l’amélioration des
systèmes d’exploitation et utilisation des ressources hydriques locales,
que ce soit pour l’irrigation ou pour la consommation humaine ;
-
La réalisation d’infrastructures de
désenclavement.
Les activités
soutenues par le MAE ont, entre autres, contribué directement au renforcement
des capacités techniques et organisationnelles locales d’une part et à
l’amélioration des productions agropastorales d’autre part. Les niveaux de
responsabilité des bénéficiaires et les degrés de complexité des activités
développées ont d’ailleurs augmenté progressivement.
Le programme global d’Iles de Paix en
Equateur est soutenu par quelques organismes privés (comités de soutien locaux)
ou de municipalités (comme la Ville de Luxembourg). Mais mis à part le Ministère
des Affaires Etrangères, ce programme ne bénéficie pas de l’appui de bailleurs
de fonds majeurs. Les autres investissements réalisés sont financés sur fonds
propres par Iles de Paix Luxembourg et Iles de Paix Belgique. A noter également
qu’une part significative des investissements réalisés est financée par les
parties prenantes elles-mêmes.